« Sympathique et ludique » pour ses créateurs, Ren-cards.com rassemble tous les profils, des timides maladifs aux séducteurs en série, et une majorité d’hommes (60 %). « Certains de mes amis en laissent à plusieurs filles différentes quand ils sortent en discothèques, note Marc-Antoine, 29 ans, qui, avec une dizaine de cartes utilisées, ne se considère pas comme un « serial-distributeur de ren-cards. » « Je ne suis pas du tout du genre à aborder les hommes dans la rue ou au supermarché, témoigne de son côté Géraldine, 30 ans. Là, je me sens à l’aise car je peux rester anonyme. Ce n’est pas comme si je tendais un bout de papier avec mon numéro de téléphone. Et puis, même quand je n’ai pas de suite, ce n’est pas la même chose que de se prendre un râteau en direct. » Après plusieurs tentatives par ren-cards, Géraldine a fini par trouver l’amour… en la personne d’un ami d’enfance, rencontré dans la vie très réelle et sans nul besoin de code d’accès. « Nous nous connaissons depuis quinze ans. »

Point commun avec le fondateur de Ren-cards.com : c’est une autre désabusée de Meetic. « J’avais essayé, mais je n’aime pas ne pas voir les gens en vrai. La photo, ce n’est pas la même chose. Je suis toujours déçue au moment de la rencontre. » Une analyse partagée par Patrick Schmoll, anthropologue au CNRS et responsable d’un séminaire sur les rencontres amoureuses et sexuelles médiatisées par les nouvelles technologies à Strasbourg : « Même sur des sites virtuels de ce type, vous avez un horizon d’attente. Même si la représentation de soi est construite, via les photos et le profil en ligne, on ne peut pas complètement tricher, puisque le but est de se voir dans le réel. Il n’y a rien de pire que de lire la déception dans le regard de l’autre. » Ou d’être déçu soi-même, comme il avoue l’avoir été. « Il y a chez moi quelque chose qui se met en marche dans le virtuel, et qui s’arrête lors de la vraie rencontre. »

source : http://www.dna.fr/

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